Mango

"I'm afraid you misunderstood... I said I'd like a mango."

27 septembre 2006

My tailor is rich [et on est content pour lui]

Vivre en pays anglophone est vraiment une expérience amusante. Enfin, surtout pour les anglophones. Les bâtards. Alors que dans 99% des situations vous suivez la route, votre vocabulaire s'enrichit de jour en jour et vous vous mettez même à utiliser des tournure idiomatiques (champagne !), le jour où vous vous plantez, personne ne vous loupe. Mais alors personne. Et connaissant ma malchance (je suis le fruit spirituel de l'union de Pierre Richard et d'un chat noir - si vous ne me croyez pas voyez plus bas... Non, pas l'Australie, encore plus bas), vous vous doutez maintenant que ma cote de popularité a atteint des limites jamais dépassées par l'être humain. Surtout depuis vendredi soir.

D'aucuns vous diront que l'anglais est une langue tellement plus fleurie, subtile et variée que le français [HA! c'est sans doute pour ça qu'un mot sur 4 est français] et qu'en conséquent, c'est normal d'être un peu perdu. Soit. Mais quand même. Non, non, vraiment, d'aucuns en rajouteront et en voudront pour preuve la célèbre phrase dans laquelle une seule virgule en fait totalement changer la signification. A vous de juger.

The panda eats shoots and leaves          [le panda mange des pousses et des feuilles]

Attention c'est là que tout se passe :

The panda eats, shoots and leaves.        [le panda mange, tire son coup et se barre]

La virgule est cruciale. Mwouais. Je suis sûr qu'on peut trouver des exemples similaires en français. Je ne les ai pas trouvés, c'est tout. Enfin bref, tout ça pour dire que je me suis encore cramé, en public qui plus est, et devant tous mes patrons pour faire ça en beauté, la maison ne reculant devant aucun sacrifice pour plaire à son lectorat. J'ai voulu faire le beau dans un restau hyper classe à Mombasa, en papotant d'un air entendu (un peu copain-copain, quoi) avec The Big Boss, venu d'Angleterre pour la semaine. Voulant qualifier de 'louche' le serveur qui avait pris nos commandes (cherchez pas c'était dans le contexte), j'ai voulu utiliser l'adjectif shifty, appris la veille. Hélas, après quelques apéritifs ma mémoire vive était un peu mise à mal et j'ai dit que le serveur avait l'air stiffy... qui veut en gros dire qu'il bandait comme un âne. Gueule du Big Boss. Geysers nasaux de bière chez mes collègues. Gloussements incontrôlables du sous-Boss. Silence de mort dans la salle. Et moi, l'air gland... euh... j'ai dit un truc qu'il ne fallait pas ?

La vie reprends son cours, on m'explique, je passe par toutes les couleurs de l'arc-en-ciel et n'ai plus qu'une envie, me faire seppuku avec le couteau à poisson, mais résiste à la tentation. Dix minutes ne se sont pas écoulées que je remets le couvert lorsque le même Big Boss, bien amusé par mon précédent petit numéro [heureusement qu'il avait 4 grammes dans le sang] me demande si je veux de l'eau dans mon whisky, et que je répond just a slash. Qui peut être traduit par 'juste un jet de pisse' [1]. Pardon, je voulais dire just a dash (juste un trait). Mais trop tard, ma réponse est accueillie par des hennissements et des rugissements de rire gras, le mal est fait. The Big Boss me frappe dans le dos en hurlant de rire, me laissant miraculeusement les côtes intactes. Depuis il m'appelle the stiffy Frenchy.

Charmant.

Il parait que l'Ouzbékistan c'est super pour finir sa vie en ermite.

[1]. I need a slash = je dois pisser. Avec Crocodoc, apprends l'anglais en t'amusant !

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à part ça le Kenya c'est toujours aussi chouette... je vous recommande vivement Diani Beach, au sud de Mombasa, les plages y sont paradisiaques, et les langoustes de la taille d'un bras !

Diani_beach

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12 septembre 2006

Australie, suite et fin.

Outre les projets à venir, les découvertes gastronomiques, oenologiques et douanières, ma petite visite à Sydney m'a permis de vivre une expérience tout à fait originale et quelque peu déconcertante. Je me suis mis dans la peau d'Alice II le retour, et suis passé derrière le miroir. Ou plus exactement, derrière l'écran de mon ordinateur. Je m'explique. Après presque un an de lecture assidue de blogs approvisionnés par leur propriétaires en exil Downundah', je m'y retrouvais soudain moi-même. Dans un décor déjà presque familier. Mieux, je les rencontrais, eux et toute leur bande de copains dont j'avais suivi les tribulations bloguesques (et que du coup je connaissais presque, comme si je les avais déjà rencontrés... ouuuh, spooky). Imaginez que vous puissiez soudain rencontrer les personnage d'un livre que vous adorez, ou encore plus fort, en devenir un vous même... Entrer dans le roman et y prendre part. Vous savez tout ce qui s'est passé dans la vie des personnages depuis le début de leur histoire, vous savez où ça s'est passé, comment et avec qui. Imaginez prendre le thé avec Madame Bovary pour lui dire que non, franchement, une vie entière avec Charles-le-mou c'est le suicide assuré. Suggérer à Jean-Baptiste Grenouille d'ouvrir une chaîne de boutiques Séphora, c'est la fortune garantie, et sans odorat, exit le mal de crâne à la fin de la journée !

C'est ainsi que je me suis retrouvé à papoter avec le sémillant Ventdelune et son acolyte Yoyo dans le chicissime bar du Guillaume, avant d'aller voir Lakmé de Delibes à l'Opéra de Sydney... [ca pète sa mère gravement, hein ? Je cherchais à la placer depuis le retour cette soirée-là]. Ou à manger une fondue avec la charmante Antiope, rentrée depuis de son voyage, et ses copains de chambrée. Ou encore à arpenter les rues d'un certain quartier de Sydney où habitait la jolie Pixie, en quête d'un Starbucks pour enfin goûter leurs fameux frappuccinos. Un truc de malade, je vous dit. J'avais l'impression de connaître la ville. Alors d'accord, il y a une différence entre les blogueurs et les personnages de fictions, et en plus le blogueur fourbe ne raconte que ce qu'il veut bien raconter... Mais quand même, l'effet est là, et c'est inédit. 

Alors dans la série faisons participer notre cher lectorat (enfin, les trois fidèles pelés et tondus qui passent encore par ici -je suis votre débiteur pour les quatre générations à venir- et les désaxés qui arrivent l'écume aux lèvres sur ma page d'accueil après avoir tapé caméra cachée dans les toilettes sur Google -désolé les gars, c'est pas encore pour aujourd'hui), si vous pouviez papoter avec un personnage de roman, lequel serait-ce ? Et surtout que lui diriez-vous ?

[bienvenue sur le plateau de Ca se discute ! Le mois prochain on abordera le problème des personnes qui sucent leur pouce jusqu'à l'adolescence, et de celles qui ne supportent pas de manger la tige des brocolis]

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11 septembre 2006

Soirée de printemps à Kabula

... quoi de mieux qu'une soirée fraîche à bouquiner en savourant un gin tonic glacé dans son hamac, avec Madeleine Peyroux et les grillons en fond sonore ?

Kabula_int_rieur

Kabula_terrasse

Réponse : honnêtement ? Là tout de suite ? A part être en plus avec ma moitié ? Rien.

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06 septembre 2006

Australie, chapitre deux.

J'ai profité de ma première après-midi libre pour foncer au CBD, LE coeur battant de Sydney situé en bordure du port et hérissé de gratte-ciels, où les façades montent si haut qu'il est difficile de voir le soleil... Un monde irréel et grouillant, où les lunettes de soleil pare-brises et les associations trendy mini-minijupe en velours + bottes en mouton retourné croisent des costumes chicissimes Armani qui attendent les Sydney buses devant le Queen Victoria Building... Un univers entre Wall Street et Ab' Fab, dans lequel les fashion victims viennent s'approvisionner pour leur fix quotidien de fringues. J'ai eu l'impression d'être un papillon de nuit dans le rayon luminaires de chez Ikéa... Une explosion sensorielle d'effluves de parfums chers, de rugissements de taxis, de néons multicolores, de jambes bronzées (car l'Australienne est bronzée même en hiver), et d'air marin âcre. J'ai manqué de me faire écraser trois fois en traversant le nez en l'air pour suivre le métro aérien, ou pour voir de plus près la vitrine Billabong. Des malls à perte de vue, des kilomètres de vitrines, des galeries marchandes souterraines infinies à faire pâmer des hordes de lemmings, des passerelles entre les grands magasins situés dans des buildings différents, des millions de mannequins, de vendeurs, de cintres, des milliards de fripes.

Mais... rien d'autre.

J'exagère à peine. A part l'Opera House, les restaurants à touristes du port, le Harbour Bridge (dont le prix d'entrée équivaut à la dette du Libéria), un musée d'art contemporain de la taille de mon jardin et deux pubs, le Lord Nelson et le Fortune qui se battent pour l'appellation officielle du plus vieux pub de la ville, le centre de Sydney n'est qu'une gigantesque boutique très très tendance, et très très superficielle. Je ne m'attendait pas du tout à ça. Et j'ai détesté.

Il m'a fallu une semaine d'exploration de la métropole, d'errances au gré des bus et des rues, de promenades le long des petites maisons multicolores de Newton aux façades décorée d'une frise en fer forgé, de fins d'après-midi à rêvasser paresseusement sur le sable blond de Manly en savourant un latte brûlant, et de balades dans l'outback pour réaliser. Que la vérité est ailleurs. Nan, je déconne. Que le charme de Sydney, c'est son art de vivre et et sa qualité de vie. Que la ville est belle et propre, que l'on s'y sent en sécurité partout et à toute heure du jour et de la nuit. Que l'on peut sortir du boulot, sauter dans un bus et aller taquiner la vaguelette sur Bondi Beach en profitant des derniers rayons du soleil. D'ailleurs la population de surfeurs a vieilli... les petits d'jeuns blondinets et excités du temps de Point Break sont maintenant devenus des cardes dynamiques trentenaires à la bedaine naissante, et qui apprennent à surfer à leurs rejetons. Ca ajoute au charme nostalgique de la fin du jour... En rentrant de la plage, pourquoi ne pas s'arrêter prendre un take away chez le Thai le plus proche, ainsi qu'une petite bouteille dénichée au Vintage Cellar du coin, sorte de Nicolas local... La nourriture à Sydney est exquise et bon marché, le vin à damner l'ensemble des protagonistes de la dernière Cène. Les petits restaurants se succèdent et ne se ressemblent pas, les assiettes semblent tout droit sorties des photos de fiches recettes Elle (et oui, moi aussi j'ai une maman abonnée à Elle et qui stocke les vieux numéros dans les toilettes...). Tous les Australiens que j'ai rencontré étaient sidérés à chaque fois que je m'extasiais devant mon plat ou mon verre de vin, et me disaient que je devais sûrement plaisanter car c'était certainement bien mieux en France... Hmm. Ou pas.

Et les Australiens justement, définitivement, complètement, et fantastiquement... cool.
No worries, mate.

Cette phrase entendue et serinée des centaines de fois prend tout son sens. Rien ne vaut vraiment la peine de s'en faire, si ? La vie passe, mon gars, il n'y pas de quoi se faire du mouron. Profite, c'est tout. Un peu de stress ? Va te promener dans les Blue Mountains, à un saut de puce de là, ça va te faire du bien. Un rayon de soleil entre midi et deux ? Vite, un petit pique-nique dans les Royal Botanic Gardens, qui offrent une vue époustouflante sur l'Opera House, et où le tout Sydney vient faire son Tai-Chi au chant des cacatoès [pardon, il ne faudrait pas non plus se laisser aller à un style guimauve, 'au raffut insoutenable des cacatoès' serait plus réaliste]. Il fait bon le soir ? Sort ton canapé sur ton perron et invite tes potes à un petit barbie (barbecue) impromptu sur ton bout de jardin et au milieu du trottoir. On est pas bien, là ?

Et petit à petit je me laissé gagner par cette nonchalance, et me suis surpris à avoir envie de vivre indolemment comme ça.  Envie de profiter, justement (hum, en faisant attention à ne pas devenir obèse et alcoolique, bien  sûr). Pas toute une vie, mais pour une parenthèse de deux-trois ans. Plus j'y pense, plus ça me paraît une idée fantastique. Le coté futile, tendance et vaniteux reste, on vous regarde souvent de haut en bas si vous n'êtes pas habillés à la dernière mode (et comme je ne suis pas un adepte de la coupe Beckham/lunettes Gucci/pull rayé moulant rose et violet/jeans customisés Costume National/Converses serie limitée trouvées au Japon only, j'y ai souvent eu droit), mais tout ça s'estompe très vite. Et puis, est-ce bien différent à Paris, Milan, Genève ? [Hum, vous le voyez le style guimauve, là ? Je me suis fait avoir gravement, je dois avoir de mignons petits koalas dans les yeux...]

Alors on croise les doigts, et si tout va bien, en janvier...

mais chhhht.

(...)

[Sauf qu'en attendant, j'ai une terrible épreuve qui m'attend, et je redoute le pire. En sortant régulièrement à Sydney je me suis rendu compte, vous l'avez maintenant constaté, à quel point leurs standards étaient élevés au niveau nourriture, que ce soit pour la qualité ou le rapport qualité/prix. Et, horreur suprême, ma collègue et amie Australienne débarque en France pour une semaine en décembre, avec pour leitmotiv : 'je ne veux rien voir. Je veux manger, et boire, je veux vivre à la française' (aaah elle est belle l'élite scientifique Australienne, je vous jure) - On sera sur Paris, Strasbourg, puis Lyon, alors si vous avez des tuyaux concernant de bons petits restaus de cuisine locale et typique, faites-moi signe, je commence à paniquer. Même Strasbourg j'ai perdu le fil... Question de fierté, quoi ! ;-) ]

Posté par Crocodoc à 15:09 - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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